lundi 8 avril 2013

Episode 38

OPERATION RENARD ARCTIQUE

Agent Mart0207,

Vous partirez avec le vol SAS SK4414 de 09.55 à Gardemoen - aéroport d’Oslo - 57˚nord pour Longyearbyen, Svalbard - 78˚nord.
Vous voyagerez avec l’agent BH0209 qui vous suivra pendante toute l’opération. Il sera habillé en local, pour plus de discrétion.
A Tromsø, vous devrez descendre de l’avion pour un contrôle d’identité. Ne prêtez pas attention aux russes avec des têtes de truands sentant le charbon ou pire ! aux allemands à la retraite prétendant se rendre à Longyearbyen «pour le peau foyache ». C’est une couverture.
Dans l’avion, deux français mal rasés parleront distinctement avec l’accent du Dauphiné de l’expédition qu’ils seront sur le point de guider à travers le Spitzberg - Ces 2 agents – Chamois de Chamrousse 0208 et Oiseau d’Oisans 0502 - doivent vous remettre un document.


Ce document vous indiquera quelle route suivre une fois sur place. Attention c’est très délicat à trouver dans le dédale des rues du centre de Longyearbuyen.

A l’arrivée à Svalbard vous serez accueillis par une notre agent Kat0408, qui vous demandera si vous êtes venus pour la chasse au phoque annelé.

Répondez-lui simplement « I Svalbard er det litt kalt » qui veut dire « Miches aux chaud tire le gros lot » et montez dans son véhicule


elle vous guidera à la première étape de votre mission.
Une fois sur place, notre expert munition TH0508 lâchera des bêtes. Vous avez peu de temps, visez juste.


Ensuite, suivez les câbles. Ils ne sont pas enterrés pour vous faciliter la tâche, même si en fait c’est surtout parce qu’il gèle tout le temps.

Traversez le jardin d’enfants



et rendez-vous à la mine abandonnée.
 

Là, notre agent canin Cox0806 spécialement dressé pour l’opération renard arctique vous susurrera un mot de passe à l’oreille.


Le mot de passe vous permettra d’activer la poulie

Suspendez-vous et arrivez ainsi de l’autre côté de la montagne. Kat0408 vous fournira des chaussures permettant de faire disparaitre vos traces dans la neige instantanément.

Suivez les traves de renard et arrivez à la grotte.


Rentrez dedans, et récupérez le butin. Repartez ensuite par la côte.

Bonne chance Mart0207, et joyeuses Pâques.

lundi 18 mars 2013

Episode 37

Norvisage
Les sociétés norvégienne ou suédoise sont souvent citées comme modèles de sociétés où la parité entre hommes et femmes a un train d’avance.  Place des femmes dans la société, congés paternité,  égalité au travail et dans la vie privée, tout y passe pour vous prouver par A+B que ces messieurs les grands blonds ont fini depuis belle lurette d’être des sales mâles misogynes.
Tout n’est pas uniforme bien sûr, mais il y a des aspects en effet très intéressants de cette parité à la sauce Ø et Å.
Super maman
Apres deux ans et demi à Oslo, cela continue de m’interpeller : tout est pensé pour que les mamans puissent vivre leur vie active, même après l’arrivée de bébé. La Scandinavie doit être un des endroits du monde où le modèle des 3K pour ces mesdames est probablement le plus as been.
Au travail tout d’abord, il est commun de disparaitre 13 mois (un an de congé maternité + 5 semaines de congés payés) lorsqu’on a un enfant. Pas de problème, c’est normal et cela s’insère sans trop de difficultés dans un plan de carrière, même ambitieux.  Madame la CEO sera de retour en mai 2014, merci de vous adresser à un de ses 3 assistants.
Après le travail également : au centre de sport, il y a une garderie qui propose de garder les enfants pendant que maman va au pilates ou pédale dans l’eau  histoire de retrouver son corps de Barbie asap.
Au cinéma, il y a des horaires « Baby Kino ». Le concept : la place est moins chère, la lumière reste allumée mais on peut venir avec bébé, telle une bombe prête à exploser en cris et en larmes. Sans complexe, puisque toutes les autres personnes dans la salle sont aussi venues avec un marmot : personne n’en veut à personne.
Maman peut donc être une femme active brillante, une sportive, et une fan de Woody Allen.
L’empire de la poussette
La société norvégienne aime les enfants et leur fait de la place. Les poussettes ont la priorité partout, et on ne lésine pas sur leur taille.

C’est là que parité prend tout son sens : quand maman retourne (enfin) travailler, papa prend le relai, certaines fois même pour 6 mois.

Papa-paternité
Au travail, votre super top manager est parfois contrainte d’interrompre une présentation pour répondre, agacée, au téléphone. Son empoté de mari, en congé paternité, panique car il ne sait pas quel petit pot choisir au supermarché. Elle raccrochera après lui avoir dit  « Ecoute, je ne peux pas te parler, là » puis reprendra énergiquement sa présentation pour le comité de direction.  Pour quelqu’un comme moi élevée par une féministe de la catégorie des plus dures à cuire, cela a quelque chose de très jubilatoire.
Et en effet, les jours de semaines, il y a des groupes entiers de mecs en jean et poussette aux terrasses des cafés. Ils discutent tranquillement en buvant leur kawa entre copains. Toute la stratégie du congé paternité, m’expliquait un collègue, c’est de le caler en même temps que celui d’un bon pote, histoire de se faire des aprèms Play Station pendant que les petits Olav et Liv dorment tranquillement dans un coin.
Au centre de sport, il y a des affiches qui montrent une petite fille disant « un bon papa est un papa qui fait du sport pendant son congés paternité ». Chacun son tour.
Papa poule est partout.
Cela va même plus loin : un super mec en Norvège est un super papa. Il se casse en congé paternité quatre mois, et revient un vendredi aprèm au bureau avec la petite Karoline dans le porte-bébé pour dire bonjour aux collègues, et le voilà le mec le plus respecté de l’étage. Certains papas ramènent même leur gamins alors qu'ils bossent, et pouponnent entre deux réunions. Ma femme ne pouvait pas le garder aujourd’hui, elle a des réunions importantes. Lunaire quand on 100% des gènes latins.
Dites-le leur dès le plus jeune âge !
La conception que filles et garçons sont égaux est inculquée aux norvégiens dès l’enfance. Je me souviens encore d’une vieille dame qui me questionnait : « N’as-tu pas appris à coudre à l’école en France ? » et m’être sincèrement demandé « Est-elle trop vieille pour se prendre une tarte, cette vieille bique empoussiérée ?» Mais elle s’est tournée vers Bjørn-Håkon pour lui lancer dans la foulée  « Et toi non plus, tu n’as pas appris à coudre à l’école ? Ni à tricoter ?» puis vers moi « Bon, on t’a au moins appris à fabriquer une table en bois, petite demoiselle ? » J’avais soudainement envie de la prendre dans mes bras.
Tu veux ou tu veux pas ?
La parité a un prix. Ça fait 100 ans que les femmes ont le droit de vote en Norvège, et bien cela doit bien faire autant de temps ans qu’ on a pas appris à un mec ici à tenir la porte pour Madame.
Ces mesdames veulent donc être les égales de ces messieurs ? Et bien qu’elles ne s’attendent donc pas à ce qu’on leur propose de l’aide quand elles rentrent dans le bus avec une poussette.
Lors d'un date, un norvégien est tout à fait capable de ne payer que sa part de l’addition, (Merde ! mais elle bosse cette nana ! Elle a de quoi se le payer, son café !)
Vous la voulez votre indépendance les filles, ou quoi ?
Martine

lundi 18 février 2013

Episode 36

Chers tous,

La planète Norvegie regorge décidemment de trésors insoupçonnés.
J'ai passé le week-end dernier, avec une petite bande de copains français fort sympathiques, là :

A Tromsø donc, bourgade comptant 70 000 têtes blondes (et donc parmi le top 5 des plus grandes villes de Norvège), située au nord du cercle polaire, et surnommé le Paris du Nord (Tromsø c’est très joli, mais ça faut pas déconner, c’est du gros bullshit).
Comme nous avions très très envie de voir des aurores boréales, observables surtout l’hiver, nous avions mis toutes les chances de notre côté, et nous nous étions inscrits à un safari pour observer les aurores, qui aurait lieu le samedi soir de 18h à 1h du matin. 
La première bonne nouvelle pensais-je à la perspective de ce safari, c’est que, contrairement aux éléphants du Kenya, les aurores boréales ne risqueraient pas de charger les jeeps des touristes. (Cela dit, on continue de raconter que si tu blagues sur les aurores boréales elles peuvent venir t’aspirer pour te satelliter dans le champ magnétique du pôle. Mais ça, c’est quand même après quelques verres de schnaps)
Je préfère taire le prix qu’on a payé pour rouler, rouler et rouler en car dans la nuit au nord de la Norvège quand je vous raconte que dès le vendredi soir, quelques courtes minutes après être sortis de l’aéroport se dessinait dans le ciel une aurore boréale a en perdre son latin. Un tourbillon vert, magnifique, gigantesque dans le ciel polaire étoilé. Une vision de conte de fées, sans rire.

Selon les eskimos, les aurores étaient les âmes des enfants morts qui jouent dans le ciel, et selon les croyances vikings, des jeunes vierges ou des défuntes. Tout ça fout un peu les jetons, mais quand on en voit en vrai, on comprend que ça puisse avoir terrorisé un sacré paquet de gens, avant que ce malin norvégien Kristian Birkeland n’explique qu’il s’agit en fait de la collision entre particules électriquement chargées émises par le soleil et de l'oxygène et l'azote atmosphériques. (Oui, c'est moins poétique mais j'ai des lecteurs qui ont fait math sup et que cette dernière explication satisfera plus.) 
Nous avons donc fait un voyage le samedi, enchanté par la beauté de ce que nous avions vu la veille, avec cette impression d’être dans un endroit fascinant, plus au bout que le bout du monde, et dans l’espoir d’être à nouveau émerveillés.
On a roulé, et roulé et encore roulé. On a tellement roulé qu’on se demandait si on était pas en train de passer la frontière russe. Puis, le bus s’est arrêté sur le bord de la route, il faisait très froid, et on a vu une aurore boréale. Longue horizontale, mais un peu moins éclatante que celle de la veille.
Malgré quelques conseils avisés pour le réglage de nos appareils photos, voilà notre meilleure photo :

Alors qu’une grosse américaine à côté de nous qui s’extasiait en s’enfilant toute une boite de cookies Oh MY God, this is gourgeous !! OMG !!! Faisait des photos comme ça :


J’étais contente finalement que Penny l’américaine se jette sur facebook aussi goulument que sur les cookies car on aurait jamais pu immortaliser ce moment sinon, et personne ne nous aurait cru, pusique biensûr, dans Martine chez les Blonds, toutes les informations sont 100% véritables, c’est bien connu.
Le matin suivant, il y avait dans le centre-ville de Tromsø une course de rennes, LE championnat de course de rennes d’Europe du nord. Un matin normal sur la planète terre… Panem et circenses
Il fallait voir l’ambiance. Toute la Laponie norvégienne, suédoise, finnoise et russe réunie autour d'une longue ligne droite dans la rue principale de la ville, et des rennes lâchés comme des lévriers a pleine balle.
D’abord, il y a eu le tour d’honneur, lors duquel les participants défilent avec leur renne devant la foule en délire « Et voici le Hääävyyää, accompagné de sa maitresse la terrible Irma la Glace ! »
On pourrait s’imaginer ici le petit trot gracieux et propre de Général du Pomeau à la croupe alezane impeccable luisant sous le soleil de Chantilly, montée par une jolie jeune femme au chignon irréprochable, au pantalon blanc et à la veste bleue marine. Or, le « détail », c’est que les rennes ne sont pas des animaux apprivoisés.
Le bestiau rue dans tous les sens, probablement aussi agressé que je l’étais moi-même par l’horrible dialecte du nord de la Norvège du commentateur, et les gars qui défilent sont littéralement en lutte avec l’animal pour les contrôler.
Voilà donc à quoi ressemblait le spectacle :


(Notez en revanche que l’élégance des costumes n’a rien à envier aux princesses mal baisées  monégasques qui se pavanent le dimanche sur un canasson pur race miam les bonnes lasagnes)

La course peut alors commencer :
Les rennes courent comme des dératés, terrorisés, leurs grands yeux noirs idiots écarquillés devant une foule au parka fluo qui les matraquent avec téléphones et appareils photo, et toute autre machine qui désormais en 2013 peut faire des photos. La course dure 17 secondes et sur le côté, on en prend plein les moustaches.
 Mais peu importe : tout y est pour le folklore : y compris la mamie lapone venue encourager son petit fils 3 champion du monde de courses de rennes junior.
Le bécot à tous,

Martine

lundi 14 janvier 2013

Epiosde 35

Chers tous,
C’est la meilleure ! A l’affiche en France arrive bientôt un film norvégien « Le roi du curling ». Cette sortie tombe donc à pic pour faire de cet épisode une suite forte naturelle au précèdent…
Voilà la seconde partie de l’histoire.
Pour commencer, je dois vous avouer que j’ai menti : le curling est un sport anecdotique en Norvège, qui n’intéresse qu’un petit groupe d’illuminés.
D’ailleurs, ça  fait marrer tout le monde au boulot que la famille et les copains français qui viennent à Oslo pour un week-end trouvent évident d’aller jouer au curling, parce que les norvégiens, ils ne voient pas le rapport. Enfin bon, ils sont gentils, le curling est quand même plus en rapport avec la Norvège qu’avec la Croatie.
Pourtant pour les blonds, le curling est une activité à laquelle on ne s’intéresse que pendant les JO, et si la Norvège est bien classée en curling parmi les 20 équipes de curling dans le monde, 18 doivent être canadiennes. (Et la dernière, elle vient d’un pays voisin à la Norvège où on bouffe des Krisprolls et où on roule en Volvo, mais c’est le nom interdit).
Pas très surprenant donc, que même les norvégiens aient envie de rigoler en pensant au curling. Le curling, c’est pour les gens pas assez forts en ski de fond hahaha hohoho, qu'est –ce que c’est drôle.
Ainsi, à l’automne dernier, une grande marque de soda que les vikings boivent sans modération (en image subliminale ici)


sponsorisait la sortie du film « Le roi du curling »,ou  « Kong curling » en norvégien dans le texte, si vous souhaitez briller en société. Avec tous mes collègues, on a donc été invité à la première du film.
Je vais être honnête, c’est un peu perché comme film et pas très drôle, mais pas non plus très représentatif de l’humour norvégien.

 Høhøhø !
Hæhæhæhæ !

Håhåhåhå

Mais ce qu’il faut que vous sachiez aussi, c’est que oui madame oui monsieur, c’est un casting bourré de stars norvégiennes.
Lui, par exemple, Atle Antonsen

Est connu parce qu’il a fait des trucs bidonnants à la télé (ça, pour le coup c’est rigolo).
Et lui, Kåre Conradi,


Dans la vraie vie, c’est un beau gosse,


Et c’est le mec de Lene Marlin ! Remember ?



(Bon c’était nianian mais elle a grandi au nord du cercle polaire alors doucement les basses. Au moins, son blond est naturel, nah !)
Autant vous dire que le soir de la première, le cocktail était blindé de gens en place ! C’était le moment où jamais de rigoler un bon coup.
Me voilà ainsi en photo avec quelques-uns d’entre eux :
La vache et le prisonnier

Le mec de Lene Marlin et sa maîtresse (il parle trop bien French !)

Et bim surprise, regardez qui était de la partie ! Les mecs du curling hall (qui n’ont toujours pas changé de pantalon depuis Vancouver 2010 !)


A force d’avoir été obligée de jouer mille fois au curling, j’ai en effet fini par être copine avec le petit blondinet à côté de moi (avec le pendentif ridicule). Je pipoterai sur son nom pour cette fois-ci, et prétendrai qu’il s’appelle Kjell-Pål, puisque c’est ici un nom finalement fort passe-partout. 
Kjell-Pål  est toujours à la patinoire quand on vient jouer, et c’est lui qui nous a expliqué  les règles, encore et encore. Il vient d’avoir 18 ans, et est membre de l’équipe junior de curling de Norvège. Du coup, il se la pète un peu, avec mèche sur le côté et tout et tout.  (Et comme dirait ma mère « Oh mais on dirait une fille ! »)
La jubilation était maximale quand KP  m’expliquait en bombant le torse que « tu vois, c’est moi qui leur ai appris à jouer pour le film »
Allez regarder au moins la bande annonce,  et si le contenu vous fait pas marrer, le norvégien (puisque c’est en VOST svp) vous amusera assurément.
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19412995&cfilm=197277.html

Le bécot à tous,

Martine

lundi 17 décembre 2012

Episode 34

Chers tous,
Samedi, à la télé, il y avait la finale de la coupe d’Europe de curling. Devinez quoi, les deux pays finalistes étaient la Suède et la Norvège. (Je tairai ici par décence lequel de ces deux pays est désormais champion d’Europe.)
Mais quelle ne fut pas mon émotion quand j’ai reconnu parmi les membres de l’équipe norvégienne les types qui nous ont expliqué en personne les règles du curling douze fois. Oui, car, voyez-vous je suis allée jouer plein de fois au curling en deux ans. C’est frais, c’est divertissant. Ici, c’est l’activité favorite des norvégiens le samedi après-midi.
Le principe est simple : il y a 2 équipes qui lancent les palets :
Au hasard, les canadiens en action (quoi ?? y a du curling Canada??)

...dans le but de viser une cible, et de s'en rapprocher plus que l'autre équipe.
Les rouges éclatent les jaunes
Si ça s’arrêtait là, on pourrait volontiers conclure que, grosso modo, c’est de la pétanque sur glace. Mais comme il y a deux mecs au milieu qui balaient la glace comme des maniaques, en se faisant en prime hurler dessus par un co-équipier : « Frotte, FROTTEUH, gros tas de ***», c’est un peu plus compliqué que ça.
Kos, kos for fæn (=frotte, sac à merde ! en norvégien dans le texte)

Sans compter que, pour pimenter le tout, on est sur deux chaussures, une qui glisse et une qui glisse pas, histoire d’avoir la garantie, à un moment ou à un autre, de se tauler.
Ensuite, la partie peut commencer.
Il faut donc apprendre à :
·         Rester sur ses 2 pattes sur la glace
Mes collègues en team building
Anne M. (USA), meilleure note artistique de la saison 2011-2012

·         Lancer des palets

"Tu vois, le balai, ben il est juste là pour t'emmerder un peu plus"
Sexy curling girl qui fait semblant d'y arriver


·         Et avoir l’esprit d’équipe
Meet the parents version franco-norvégienne

Malgré les:
« Mais sérieux, t’es un malade de lancer aussi fort !!
- Ben le mec nous avait qu'un palet fait 20  kg… »
Ou encore, le classique :
« Balayez, balayez !!! Arrêtez de balayer ! Rebalayez, allez plus fort, rebalayez, putain ! Arrêtez de balayer ! Oh j’y crois pas vous êtes des taches, on a tout salopé à cause de vous,  j’avais trop bien tiré ! »
Une fois la partie terminée, il est de bon aloi de prendre une photo avec les profs, d’une part parce qu’ils ont quand même fait des JO et des coupes du monde, et d’autre part surtout car ils ont eu la patience de réexpliquer en anglais les règles une énième fois à une nouvelle fournée de famille ou amis français qui pouvaient pas s’imaginer passer un week-end à Oslo sans tenter le curling, et le tact de se retenir de se moquer ouvertement de nous quand aucune des deux équipes n’arrivent à marquer de point pendant deux heures.
Cela dit, l’un d'entre eux nous a quand même sorti une fois « I’ve seen once people that had about the same level than you, they were from India, they had never seen ice before ».

Nous et l’enfoiré qui nous a comparés à des Indiens.
Le curling est une activité qui soulève un certain entrain populaire ici. Non seulement, quand on parle de sport et de glace, les blonds sont contents, mais en plus, patriotes pour un oui ou pour un non, les norvégiens ont ainsi tous voulu acheter le bas de pyjama avec lequel les curling men de Norvège avaient joué en finale des JO à Vancouver en 2010.
C'est que comme si le curling ne suffisait pas, ces messieurs cherchent à être des rigolos.
La bise à tous,
Joyeux Noël,

Martine

mercredi 28 novembre 2012

Episode 33

Chers tous,

L’hiver est revenu à la fin du mois d’octobre, et il dessine depuis un sourire non dissimulé sur le visage des norvégiens.
Les blonds ont déjà la tête dans une boule de neige, pensant aux aventures (à pied, en ski, en raquettes et en traineau !) auxquelles Madame Nature va, cet hiver encore, nous donner la joie de goutter ! Youpi ! Comme par exemple, hôhôôôô pelleter devant ta porte pendant une heure et demie comme un connard pour pouvoir sortir de chez toi.

La neige, la nuit et le froid sont de retour, et quand je pense que Celsius était un abruti de suédois, il aurait pu trouver un autre chiffre que zéro pour qualifier la température à laquelle l’eau gèle, juste parce que ça va pas être évident d’être au top jusqu’à Pacques quand même le thermomètre te dit pendant des semaines tous les matins « je touche le fond du sceau à glace là, je déconne pas, je suis à -15 L ».

Mais plutôt que de commencer cet épisode en râlant, je devrais plutôt me réjouir ! Car la nouvelle saison qui arrive est plein de promesses de sports d’hiver oui, mais aussi de bières à 30% et de dîners aux chandelles à 14h.

Nos blonds amoureux de la grande nature sauvage boréale savent qu'il y aura des jours comme ça :


 Et de nuits comme ça :

Bjørn-Håkon n'est franchement pas le dernier à se réjouir.
Lui qui, pauvre vieux, a été condamné au ski à roulettes tout l’été, se dit que bientôt, il ne sera plus obligé de se mettre la tête dans le congélo au prochain coup de cafard pour cause de manque d’hiver, mais qu’il suffira juste d’ouvrir la fenêtre du salon.

Comme tout norvégien qui respecte sa forme, il a un calendrier déjà blindé entre janvier et mars de compètes diverses et variées (Birken pour la 23ème année consécutive, les 100km en ski de fond les yeux fermés, la chasse au phoque sous la glace avec les mains ficelées dans le dos, la traversé du fjord avec un parpaing au pied, c’est qu’on va bien rigoler cette année, voyez-vous !)
(pour ceux qui me croient pas regardez ceci, sérieux ils sont sans limite : http://www.youtube.com/watch?v=KkXy83WlLY4)


Mais ce n'est pas tout. Cette année, tout ça s’ajoute à la préparation de la traversée du Groenland en ski au printemps.

Voilà le topo :
·         Bjørn-Håkon, son père et sa petite sœur
·         6 skis
·         600km de traversée d’Est en Ouest (en direction de la Norvège comme ils disent)
·         3 semaines en autonomie complète sans guide
·         2 traineaux de 80kg par personne
·         des crevasses pour pimenter cette histoire de traineaux
·         une carabine au cas où il y ait des ours blancs
·         des ours blancs
·         une tente à monter tant bien que mal même s’il y a des tempêtes de neige
·         des tempêtes de neige (oui car Groenland =Green Land = terre verte est une vaste calomnie…)

Qu’a-t-il bien pu leur passer par la tête ? Comment des norvégiens peuvent-ils décemment avoir envie d’aller skier au Danemark? 
Et puis il faut sacrément le vouloir pour y aller : il y d’abord l’avion pour Copenhague, puis un autre pour le Groenland, puis un hélicoptère pour le point de départ de la traversée en ski, et tout ça avec des traineaux, des skis, des armes à feux et un tipi en soute et 200 kg de bouffe lyophilisée en bagage à main.

Pour le retour ce n’est pas moins épique : il y a un hélico par semaine qui t’amène à un nouvel héliport. Là, tu peux prendre un second hélico qui te ramène dans la grande banlieue de Nuk d’où tu peux reprendre l’avion (…). Si tu loupes le premier hélico, tu es condamné à passer jusqu’à six jours dans un village d’esquimaux qui voient pas le jour quatre mois par an

Fête du village, été 2012


et vivent de la pèche au phoque


En plus de ça, il va falloir tenir presqu’un mois dans une traversée anonyme, avec pour seul contact avec l’équipée un téléphone satellite. Le genre de trucs qui a le mérite de fonctionner partout sur terre mais qui te coûte un bras des que tu tapes sur un touche.
Les consignes vont être assez strictes : un message toutes les 48h de leur part pour donner leur position (on est en plein milieu de la glace, il fait -20 et on prend plein la gueule, tu vois où c’est sur la carte ?) et des nouvelles de notre part uniquement en cas d’urgence. (« Bjørn-Håkon, tu fais chier, où t’as mis la brosse arracheuse pour l’aspirateur, putain ? » ou encore « Tu devineras JA-MAIS ce qu’il s’est passé dans How I met your mother ! Rappelle asap !!!! »
  
Pour l’instant, la fine équipe se prépare. Tantôt en testant la tente dans le jardin quand il fait -15, tantôt en courant avec des gros cailloux dans le dos pour s’habituer à tracter du poids.



Le père et la soeur de Bjørn-Håkon en vacances : c'est quand même vachement plus fun que la pétanque...


La dernière consigne est simple : prendre un max de poids avant le départ. Je ne vous cache pas qu’on passera Noël en France.

Le bécot à tous,

Martine